Il est possible de distinguer 3 types de carburants pour les véhicules utilitaires : les carburants traditionnels (gazole, essence), les carburants alternatifs et l’électricité.
Véhicules utilitaires : les biocarburants alternatifs
Les biocarburants sont issus de la biomasse, productions animales ou végétales (colza, tournesol, betterave, etc.). Contrairement aux carburants fossiles (gasoil, essence, GNV, GPL), ce sont des carburants renouvelables. Ils se divisent principalement en deux catégories.
Les biocarburants diesel
Le biodiesel, ou « diester »*, est un carburant issu des végétaux. Dans le biodiesel, cette huile végétale est mélangée à hauteur de 30 % avec du gazole classique. Ce type de carburant est aujourd’hui proposé aux flottes professionnelles (entreprises et collectivités).
* Diester : c’est une marque déposée par Sofiprotéol, l’organisme financier de la filière française des huiles et protéines végétales.
L’ED95 est autorisé depuis peu en France : il est commercialisé depuis le 1 janvier 2017. C’est un carburant composé de 95 % de bioéthanol et 5 % d’additif, qui se substitue au gasoil. Il n’est cependant aujourd’hui disponible que sur des bus (collectivités locales) ou des poids lourds (Scania).
Les biocarburants essence
L’E85 est un supercarburant sans plomb dans lequel sont ajoutés jusqu’à 85 % de bioéthanol, alcool issu de végétaux. À l’heure actuelle aucun véhicule utilitaire fonctionnant à l’E85 n’est disponible chez les constructeurs, qui proposent déjà des véhicules particuliers en E85. La cause en est principalement les très faibles motorisations d’origine en essence. La situation évolue et des gammes d’utilitaires disponibles en E85 devraient apparaître rapidement.
Le SP95-E10 est beaucoup plus répandu. Ce type de carburant se compose de bioéthanol additivé au supercarburant essence sans plomb (jusqu’à 10 %). 95 % des véhicules essence fonctionnent ainsi sans modification du système d’alimentation, ce biocarburant étant largement diffusé aujourd’hui.
Carburants alternatifs fossiles pour véhicules utilitaires
Leur intérêt écologique est peu significatif : non renouvelables, émettant pratiquement autant de polluants que l’essence, ils survivent malgré tout grâce à leur faible coût au litre. Ils sont condamnés à être supplantés par les énergies renouvelables (biocarburants) et production électrique (solaire, pile à combustible, etc.).
GPL (ou LPG)
Le gaz de pétrole liquéfié est un mélange de butane et de propane (en proportion égale pour la France). Le GPL est environ deux fois moins cher à la pompe, ce qui compense en partie les coûts de l’installation.
Il n’existe que très peu de véhicules utilitaires légers fonctionnant au GPL chez les constructeurs (Mercedes Benz Sprinter 316 LGT et Piaggio Porter GPL), la cause principale étant l’absence de modèles essence existant sur lesquels peut être greffé le système GPL.
GNV
Le gaz naturel pour véhicules (ou GNV) est tout simplement le gaz de ville. Le faible réseau de distribution (seulement une trentaine de pompes ouvertes au public sur tout le territoire national) limite les possibilités d’approvisionnement pour les petites entreprises. Cependant, les entreprises disposant d’une flotte importante de véhicules fonctionnant au GNV peuvent installer une station privée.
Perspectives des carburants alternatifs
Si les utilitaires sont un segment aujourd’hui délaissé par les carburants alternatifs, la législation évolue et la pression écologique, soutenue par des dispositions fiscales avantageuses incitent les constructeurs à proposer pour les gammes d’utilitaires à venir des modèles adaptés aux biocarburants.
Il s’agira là de carburants de deuxième génération, ceux de première génération (E85 notamment) n’ayant pas suffisamment fait la preuve de leur impact écologique, se retrouvant même affublés du malus environnemental par les instances gouvernementales (rapport public annuel 2016).